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Province autonome d'Antananarivo



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La province autonome
d'Antananarivo








LA PROVINCE D'ANTANANARIVO

Histoire abrégée de l'Imerina

Les historiens, les archéologues, voire les linguistes, ne sont pas unanimes quant aux origines du peuplement de Madagascar à propos duquel on parle bien volontiers de la " plus belle énigme du monde ".

En ce qui concerne la seule Imerina, cette région des hautes terres centrales dont la capitale historique est la colline d'Antananarivo, de nombreuses observations depuis le XIXè siècle attestent un incontestable fond malayo-indonésien avec des apports mélanésiens sans que les vagues successives d'arrivée puissent être datées de manière absolument certaine.

Mais, si le peuplement laisse encore de la marge aux recherches, la délimitation du territoire de l'Imerina est déjà plus précise.

    Le territoire
        Antananarivokely
        Alasora
        Anerinerina-Kilonjy-Ambohitromby
        Ambohimanga
        Antananarivo
        Betsimitatatra
        Manjakamiadana et Andafiavaratra
    Les hommes
        L'énigme du peuplement
        Le mythe des Vazimba
        Ralambo, Andrianjaka, Andriamasinavalona
        Andrianampoinimerina (1785-1810)
        Les successeurs d'Andrianampoinimerina



Le territoire

Le découpage actuel de la province autonome d'Antananarivo, arrêté par un décret du 9 novembre 1946, reprend grosso modo les contours de l'Imerina Enin-Toko de l'époque d'Andrianampoinimerina.

Cette Imerina ancienne s'était constituée par l'agglomération des districts d'Avaradrano (Ambohimanga, Ilafy), du Vakinisisaony (Alasora), du Marovatana (Ambohidratrimo) et de l'Ambodirano (Antsahadita, Fenoarivo) auquels seront adjoints les nouvelles conquêtes du Vonizongo (Ankazobe) et du Vakinankaratra (Betafo). La région de l'Imamo, alliée à Andrianampoinimerina, servit à l'Avaradrano pour prendre à revers le Marovatana, et ses districts (Ombifotsy, Mandridrano), furent rattachés à l'Avaradrano.

Trois grands ensembles géographiques caractérisent la province : le Nord et l'Ouest comprennent des hauts plateaux au-dessus de 1 500 mètres ; le paysage typique des moyennes collines caractérise l'Est de la région d'Antananarivo qui surplombe la vaste plaine de l'Ouest ; au sud de la province, la région volcanique autour de la chaîne montagneuse de l'Ankaratra trace la frontière naturelle méridionale de la province.

Le climat de la province est de type tropical d'altitude avec des extrêmes croissant d'Est (Manjakandriana) en Ouest (Arivonimamo). Les précipitations dépassent 1000mm avec un pic près de 2000 mm à Faratsiho.

  • 1. Antananarivokely: La mythique Antananarivokely aurait été le centre spirituel des premiers habitants de l'Imerina. Ce village se trouverait du côté d'Ambatolampy, situé à 70 kilomètres au sud d'Antananarivo.

  • 2. Alasora: Les premiers souverains historiques élirent domicile à Alasora. Parmi les plus célèbres, l'histoire a retenu Rangita et Rafohy, mais étaient-elles mère et fille ou sœurs ? Les bourgs voisins d'Imerimanjaka ou d'Ampandrana, également dans la partie méridionale de l'actuelle préfecture d'Avaradrano, sont parfois associés à Alasora dans la trilogie de la naissance du royaume merina.

  • 3. Anerinerina-Kilonjy-Ambohitromby: cette chaîne, aujourd'hui dans la circonscription d'Avaradrano et à quelques vingt kilomètres au Nord-Est d'Antananarivo, abrite des vestiges archéologiques d'importance. Vraisemblablement un grand centre politique, le prince Andrianamboninolona s'y réfugia après l'assassinat de son père Andriamananitany au XIVè siècle.

  • 4. Ambohimanga: La plus présitigieuse des " douze collines sacrées ", Ambohimanga est situé à 20 kilomètres au Nord d'Antananarivo. Ambohimanga fut d'abord la capitale régionale d'une principauté donnée par Andriamasinavalona à son fils Andriatsimitoviaminandriana (XVIIe siècle), et ce serait vers 1777-1785 qu'Andrianampoinimerina parvint au trône grâce au soutien des Hova Tsimahafotsy. Au XIXe siècle, alors que les successeurs d'Andrianampoinimerina avaient définitivement choisi Antananarivo comme capitale du royaume merina, Ambohimanga gardera son caractère sacré avec les tombes royales d'Andrianampoinimerina et de son grand-père Andriambelomasina. Deux souveraines du XIXe siècle y furent ensevelies, Ranavalona 1ère (1828-1861) et Ranavalona II (1868-1882), avant que le Général Gallieni n'ordonne le transfert de toutes les dépouilles royales vers Antananarivo le 14 mars 1897 pour désacraliser le Rova d'Ambohimanga. Depuis l'an 2000, le Rova d'Ambohimanga est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité.

  • 5. Antananarivo: La ville collinaire d'Antananarivo ne doit pas être confondue avec l'ensemble de la province. La ville originelle d'Antananarivo occupe la colline qui domine la plaine rizicole du Betsimitatatra avant de s'étendre au XIXe siècle vers Faravohitra et Isoraka. A une altitude moyenne de 1450 mètres, le sommet de la ville est couronné par le Palais de Manjakamiadana. Avant la conquête d'Andrianjaka, vers 1610, la colline s'appelait " Analamanga " (la colline bleue ou la belle colline) et elle était aux mains des Antehiroka de la famille Andriampirokana dont le tombeau se trouve sous l'actuel Palais d'Andafiavaratra. Les princes qui avaient des ambitions sur l'ensemble du royaume merina ont tous cherché à conquérir Antananarivo pour asseoir définitivement leur pouvoir en associant la domination militaire et la maîtrise des esprits. De plus, Antananarivo est une colline stratégique pour le contrôle de la plaine rizicole du Betsimitatatra.

    Antananarivo, la ville

  • 6. Betsimitatatra: La plaine du Betsimitatatra, 200 mètres en contrebas de la colline d'Antananarivo, est la plus vaste plaine intérieure des hautes terres centrales puisqu'elle s'étend sur 300Km2, et mesure 25 kilomètres d'Est en Ouest et 27 kilomètres de Nord au Sud. Irrigué par le fleuve Ikopa, le Betsimitatatra s'est formé par le dépôt alluvionnaire dans la cuvette aux pieds de la colline d'Antananarivo jusqu'aux premiers contreforts de l'ouest . L'aménagement de la plaine, commencé au XVIIe siècle, constitue le plus remarquable témoignage de la maîtrise hydraulicienne des souverains d'Antananarivo. Sous la colonisation, l'administration française entreprit de conquérir la plaine et d'y faire descendre la ville, en contradiction avec la conception merina traditionnelle de l'occupation spatiale : les villes sur les hauteurs, les cultures en plaine. Le tracé de la ligne ferroviaire, dans la plaine du Betsimitatatra, suivi d'inévitables spéculations immobilières, entraînèrent des hérésies urbaines bâties sur des remblais. Les polders de la ville basse sont régulièrement inondés en période de pluie.

  • 7. Manjakamiadana et Andafiavaratra: ces deux palais dominent la colline d'Antananarivo. Le palais de Manjakamiadana, dont l'architecture a fini par symboliser le Rova d'Antananarivo, n'est qu'un palais parmi les édifices que compte la résidence royale ou Rova : Besakana , Mahitsielafanjaka, Tranovola, Manampisoa, un temple protestant et surtout les tombes royales. Le Manjakamiadana originel en bois avait été bâti par Jean Laborde pour Ranavalona 1ère en 1839 et l'enveloppe de pierre, qui lui a donné sa silhouette si familière, avait été commandée par Ranavalona II, en 1869, à l'architecte James Cameron. Manjakamiadana mesurait près de 40 mètres de hauteur. Avec les autres édifices du Rova, Manjakamiadana a subi l'incendie du 6 novembre 1995. Ne subsiste aujourd'hui que son revêtement de pierre. Quant au palais d'Andafiavaratra, c'est le symbole de la puissance de cette famille hova originaire d'Avaradrano qui donna à la couronne une dynastie de Premiers ministres. A l'emplacement actuel, Rainiharo (décédé en 1852) avait édifié une grande maison que son fils Rainilaiarivony fit démolir en 1872 pour faire construire par William Pool l'actuel édifice. Le palais d'Andafiavaratra se trouve bâti sur l'ancienne propriété de la famille antehiroka d'Andriampirokana qui y est enseveli. Siège du gouvernement de la république malgache après le retour de l'indépendance, Andafiavaratra fut victime d'un icendie le 11 septembre 1976. Entièrement détruit, le palais est en cours de restauration.




Les hommes

La société merina est structurée en trois composantes : les Andriana, les Hova, les Mainty. Les Andriana donnèrent les souverains, les Hova fournissaient les conseillers, tandis que les Mainty assuraient la garde de la personne royale. Les rapports de forces du XIXe siècle permirent aux Hova de supplanter les Andriana dans la gestion du pouvoir, tandis que les Mainty étaient progressivement confondus avec le groupe des andevo (esclaves), sans doute à cause du nombre croissant de populations originaires des côtes que les expéditions merina ramenaient à Antananarivo, et avec lesquelles les Mainty d'Imerina présentaient des ressemblances physiques.

L'énigme du peuplement Les historiens, les anthropologues et les climatologues s'accordent pour reconnaître aux Merina des origines asiatiques. Le dialecte merina appartient incontestablement à la famille des langues austronésiennes qui regroupent également le sud de l'île de Taïwan, les Philippines, la Malaisie, l'Indonésie. La technique du riziculture irriguée conforte cette filiation indonésienne des Merina dont les aménagements de la plaine du Betsimitatatra attestent de la science hydraulique. On suppose que les Merina ont débarqué sur la côte Est, à Vohémar, selon certains, entre Maroantsetra et Fénérive selon d'autres. Ils ont probablement transité entre la région de l'Alaotra et da la vallée du fleuve Mangoro avant de gagner les hautes terres centrales par Mangamila, un peu au sud d'Anjozorobe, au nord de l'Imerina. On suppose que des vagues successives d'Indonésiens arrivèrent à Madagascar entre le VIIe siècle et le XIIe siècle.

Le mythe des Vazimba A propos des Vazimba, les interrogations sont plus nombreuses que les certitudes. En tout cas, aucune tradition ne rapporte une incompréhension linguistique entre ces " anciens maîtres de la terre " et les nouveaux arrivants. On sait seulement qu'ils furent vaincus par ceux-là et que la tradition orale leur prête depuis des descriptions assez fantaisistes et péjoratives. Plus vraisemblablement, les Vazimba étaient eux-mêmes d'origine indonésienne avec lesquels les nouveaux arrivants nouèrent des alliances matrimoniales avant de se différencier au sein d'une dynastie particulière . C'est la perplexité dans laquelle plonge " l'énigme de Rangita ", reine vazimba enfantant le royaume merina. Même après le changement de dynastie, les Andriana reconnurent aux Antehiroka, les Vazimba d'Analamanga, le privilège exceptionnel de bénir le souverain et sa famille.

Ralambo, Andrianjaka, Andriamasinavalona Ralambo (XVe siècle) serait le premier souverain à avoir essayé de regrouper le pays " merina " et qui lui donna le nom de " Imerina Ambaniandro ". Andrianjaka, son fils cadet, prit définitivement Analamanga sur les Antehiroka et baptisa la colline Antananarivo (1610). Andriamasinavalona (XVII-XVIIIe siècles) constitua la première " Imerina Efa-Toko " qu'il fit l'erreur de partager entre quatre de ses fils (Antananarivo, Ambohimanga, Ambohidrabiby et Ambohidratrimo). S'ensuivit une période de guerre civile qui causa même l'emprisonnement d'Andriamasinavalona par son fils d'Ambohidratrimo.

Andrianampoinimerina (1785-1810) Andrianampoinimerina, petit-fils d'Andriambelomasina lui-même petit-fils d'Andriamasinavalona, accéda au trône d'Ambohimanga vers 1785. Il mit fin à la guerre civile, reconstitua l'Imerina Efa-Toko d'Andriamasinavalona et étendit son royaume vers les autre provinces laissant à sa mort un royaume organisé en six districts : l'Imerina Enin-toko. Son célèbre précepte géopolitique " ny ranomasina no valam-parihiko " était motivé par le souci de maîtriser les routes commerciales et par l'impératif stratégique de porter au plus loin de sa capitale les frontières de son royaume. Andrianampoinimerina fit de la plaine du Betsimitatatra une immense rizière et il sécurisa les tsena pour favoriser le commerce et assurer la subsistance de la population. Certaines dispositions de la législation civile d'Andrianampoinimerina ont été reprises par la législation contemporaine.

Andrianampoinimerina laissa le souvenir d'un roi sage et la tradition orale recueillie dans le monumental Tantaran'ny Andriana est dominée par son règne sublimé. Le plus grand roi que l'Imerina ait jamais connu permit paradoxalement l'avènement de la puissance des Hova d'Avaradrano qui le portèrent au trône et auxquels il demeura loyal.

Les successeurs d'Andrianampoinimerina Deux souverains et un Premier ministre dominèrent le XIXe siècle de l'Imerina dont l'histoire se confond à partir de 1817 avec l'histoire de Madagascar.

Radama 1er (1810-1828) passa un traité avec la Grande-Bretagne le 23 octobre 1817 et fut reconnu " roi de Madagascar ". Il continua les conquêtes territoriales de son père et mena personnellement des campagnes qui le conduisirent jusqu'à Toamasina, Maroantsetra, Vohémar, Antsiranana, Mahabo. Il envoya la première ambassade malgache en Grande-Bretagne et introduisit les mœurs occidentales à la cour d'Antananarivo.

Ranavalona 1ère (1828-1861) réagit en nationaliste convaincue aux ouvertures cuturelles de son époux. Elle interdit le christianisme en son royaume, ce qui lui valut la rancune des récits de missionnaires. Pour son époque et pour son milieu, Ranavalona 1ère ne fut jamais plus qu'une authentique souveraine merina qui se comporta selon les critères de son temps.

Le Premier ministre Rainilaiarivony demeura à ce poste durant 31 ans (1864-1895). Rainilaiarivony était un Tsimiamboholahy, hova originaire d'Ilafy, une de ces familles d'Avaradrano qu'Andrianampoinimerina envoya peupler Antananarivo. Fils de Rainiharo, le Premier ministre de Ranavalona 1ère, et frère de Rainivoninahitriniony, le Premier ministre de Radama II (1861-1863) et des premiers jours de règne de Rasoherina (1863-1864), Rainilaiarivony symbolisera pendant trois décennies et à travers les règnes de Rasoherina, Ranavalona II et Ranavalona III, la puissance de la famille des Andafiavaratra. Ses grands-pères Hagamainty et Andriantsilavo avaient déjà été les conseillers d'Andrianampoinimerina. Autocrate redouté, Rainilaiarivony ne compta jamais de vrais collaborateurs sur lesquels il aurait pu s'appuyer pour gérer un royaume en butte aux tentatives des grandes puissances coloniales, et une société merina en pleine " révolution culturelle " après la conversion de la reine Ranavalona II et du Premier ministre au christianisme en 1869. Les ambassades qu'il envoya à Washington, à Londres, à Paris ou à Berlin, ne feront que retarder l'entrée des troupes françaises à Antananarivo le 30 septembre 1895 et l'annexion de Madagascar le 6 août 1896.

 
























Histoire abrégée
de l'Imerina



Monographie
des 4 régions






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